Le 28 juillet 1885, les députés débattent de l'octroi de crédit au ministère de la Marine et des colonies.
Alors qu'il justifie l'expansion coloniale par des arguments politiques et économiques, Jules Ferry insiste sur la "mission civilisatrice" de la France.
Extrait :
"Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures (...) Ces devoirs ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure.
Mais de nos jours je soutiens que les nations européennes s'acquittent de ce devoir supérieur de civilisation.
Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions oeuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ?
Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou anglaise ?
Est-ce que notre premier devoir, la première règle que la France s'est imposée, que l'Angleterre a fait pénétrer dans le droit coutumier des nations européennes et que la conférence de Berlin vient de traduire dans le droit positif (...), n'est pas de combattre la traite des nègres, cet horrible trafic, et l'esclavage, cette infamie"
A méditer quand M. Hollande fera oeuvre de repentance en Algérie .....

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